Cette photo déposée sur le site et où on aperçoit la boutique TARI, a éveillé de nombreux souvenirs. C'était une boutique où on vendait des radios dont le dessus se soulevait pour laisser apparaître un « pick-up », les premiers transistors, des tourne-disques « Teppaz » et sur des étagères, les disques de « George Jouvin et sa trompette d'or » , « dansons avec Franck Pourcel » « Aimé Barelli » « Jacques Hellian » et les premiers « Aznavour et Bécaud ».
Ça devait être en décembre, cette période de l'année scolaire où la nuit tombe rapidement quand on sort du collège pour peu que l'on fasse un détour pour assister aux parties de « flippers » au bar « Chantaco », que je me suis arrêté devant la vitrine de cette boutique. Appuyé sur la vitre, je regardais les pochettes de disques disposées pêle-mêle lorsqu'entre « Gloria Lasso » et Dalida j'ai remarqué une pochette rougeâtre d'un chanteur beau comme un Dieu, guitare en bandoulière, tendant le bras.
C'était donc lui, le type dont tout le monde parlait au collège, le type qui animait les surprises parties, et dont toute la jeunesse imitait son pas de danse. Arrivé à la maison j'ai demandé à mes parents de m'offrir ce disque pour Noël. La réponse de mon père fut peu enthousiaste :
-Qui c'est celui là.?. Il chante américain ?.on comprend rien ? De plus, tu n'as même pas de tourne disque et ce n'est pas le moment d'en acheter, tu sais qu'on fait des économies, l'année prochaine tu pars à Alger.
Mais il fallait compter sur la bonté de mes parents et le jour de Noël quelle ne fut pas ma surprise de trouver au pied de mon lit, le tourne disque et la pochette rougeâtre de ce 45 tours tant désiré. Apartir de ce jour, ce disque prit une place telle dans ma vie qu'il devint l'un de mes plus beaux cadeaux. Rangé sur l'étagère de mon « cosy » je l'ai écouté tant de fois qu'il était devenu mon confident, il était ce que l'écrivain Anna Gavalda écrit :
"j'avais 13ans l'âge où l'on ressent pour la première fois un tourment douloureux et délicieux à la fois"
Je le connaissais par coeur. Parfois aujourd'hui, ce n'est plus l'adolescent révolté qui l'écoute mais un Papy empreint de nostalgie se laissant bercer par ses souvenirs. Quoi ?.....Ce chanteur ?....Mais tu le connais, écoute !

Love me tender,
Love me sweet,
never let me go?

Tu vois ? ça y est tu l'as reconnu ?.
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André Martinez : le magasin Tari
Ecritures de Sidi-bel-Abbes
personnel du magasin Tari de Sidi-bel-Abbes avant 1962